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April 7, 2019

La classe ouvrière existe-t-elle encore ?

Ces dernières années, le discours dominant, celui des médias et de nombreux intellectuels, cherche à remplacer l’opposition entre prolétariat et bourgeoisie par le concept vague de « classe moyenne », au sein de laquelle les riches et les pauvres ne sont séparés que par des différences de fortune qu’une bonne politique permettrait, dans le cadre du système, de réduire. Avec cette argumentation, les médias et ces intellectuels cherchent à faire passer l’idée que, la classe ouvrière n’existant plus en tant que tel, la révolution prolétarienne n’est plus d’actualité. Mais la classe ouvrière n’a pas disparu, bien au contraire.

Dans un pays comme la France, la classe ouvrière est formée de plusieurs dizaines de millions de travailleurs, et aujourd’hui elle est même plus importante qu’au 19ème siècle. Il y a toujours des ouvriers dans l’industrie, dans le bâtiment, dans l’entretien, la restauration… tous exploités par de petits patrons ou bien, plus souvent maintenant, par la grande bourgeoisie, celle-là même qui ne met jamais un pied dans les ateliers ni sur les chantiers.

La classe ouvrière s’est beaucoup diversifiée depuis l’époque de Marx. De nouvelles activités sont apparues, nécessitant des cohortes d’employés, de vendeurs, de comptables, de techniciens, d’ingénieurs, de soignants, etc.

Même si les uns sont mieux payés que les autres, si certains doivent effectuer des tâches ne présentant pas de difficulté physique particulière contrairement à d’autres, et même s’ils n’ont pas toujours conscience de leur appartenance à cette classe d’exploités, tous sont des salariés indispensables au bon fonctionnement de la société, des prolétaires n’ayant que leur salaire pour vivre.

Le monde ouvrier n’a pas le même visage d’un secteur d’activité à l’autre, ni d’un pays à un autre. De plus en plus variée, la classe ouvrière est aussi de plus en plus importante numériquement.

Elle s’est développée partout, sur toute la planète. L’expansion du capitalisme à l’échelle mondiale a balayé presque toutes les formes économiques préexistantes et a universellement développé le salariat. Durant le siècle écoulé, des centaines de millions de paysans pauvres ruinés ont été ainsi transformés en prolétaires, contraints de partir gagner leur vie en ville. Cela s’est traduit par la formation d’énormes mégapoles où vivent des millions de travailleurs, du journalier qui décharge les camions jusqu’à l’employé de banque.

Ces milliards de travailleurs, par delà leur diversité, n’ont tous que leur force de travail à vendre pour vivre. Ils sont tous exploités et forment pour cela une seule et même classe ouvrière, unis de fait par des intérêts communs, fondamentalement opposés à ceux de la bourgeoisie. Ces milliards de travailleurs représentent aujourd’hui une force sociale gigantesque et cela à l’échelle de la planète. Cette force sociale n’a jamais connu d’équivalent dans le passé. C’est sur elle et elle seule qu’on peut et qu’on doit compter pour sortir définitivement l’humanité de la barbarie.