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March 29, 2019

Marine Le Pen : mensonges d’une démagogue

Quand la journaliste demande à Le Pen de se prononcer sur une hausse du smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance), la réponse est catégorique : c’est non. En bonne candidate à la gestion des affaires de la bourgeoisie, elle utilise la feuille de vigne des petits patrons et de leurs difficultés présentes pour défendre les intérêts des grands patrons et justifier le choix de ne pas augmenter les salaires. Elle se prononce uniquement pour des suppressions de cotisations sociales. C’est exactement la soupe que Macron et son gouvernement ont servie ces derniers mois : ne surtout pas s’attaquer aux profits des patrons mais prendre sur les cotisations des salariés, quitte à assécher les caisses de retraite et de chômage.

Le Pen a aussi passé son temps à opposer les travailleurs les plus pauvres aux travailleurs immigrés. Jonglant avec les chiffres, elle a prétendu qu’un migrant bénéficiait d’un revenu supérieur à l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). C’est faux. L’aide de l’État ne concerne que les demandeurs d’asile, une infime minorité des migrants. Et Marine Le Pen gonfle les chiffres en y ajoutant les aides au logement, ce qu’elle ne fait pas quand elle évoque les revenus des retraités. Dans tous les cas, cette distinction mensongère lui permet de ne pas parler des fortunes indécentes de la grande bourgeoisie et ses profits gagnés sur le dos des travailleurs, français comme étrangers.

Enfin, même si elle ne peut se dispenser de phrases creuses sur la démocratie quand elle évoque les luttes actuelles en Algérie, Le Pen montre là aussi son vrai visage. Elle tente d’inquiéter en invoquant le risque que des islamistes l’emportent et fantasme aussitôt sur la prétendue « submersion migratoire algérienne ». Ainsi, sans surprise, la lutte du peuple algérien pour sa dignité est pour Marine Le Pen synonyme de danger.

Confrontée à Jacques Attali, ancien conseiller de plusieurs présidents, de Mitterrand à Sarkozy, et à Nathalie Loiseau, nouvelle porte-parole de Macron pour les élections européennes, c’est-à-dire à deux ennemis des travailleurs, Marine Le Pen a pu dérouler sa démagogie. Mais face à une infirmière gilet jaune évoquant sa feuille de paie de 1 600 euros, le couplet contre les immigrés n’a pas fonctionné ; c’est elle et ses amis qui ont rappelé que les immigrés étaient là de tout temps et contribuent comme eux à l’économie du pays.