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April 21, 2019

Renversement du capitalisme. Qui sont les vrais maîtres de la société ?

Le capitalisme est un régime économique dans lequel les capitaux (usines, banques, exploitations agricoles ou pétrolières, grands moyens de transport et de communication…) appartiennent à des personnes privées constituant la bourgeoisie. La petite bourgeoisie, les artisans, les petits patrons, les commerçants, les petits actionnaires, n’a ni poids ni influence réelle dans le système capitaliste. La grande bourgeoisie, ce sont ceux qui possèdent les capitaux des grandes entreprises et de leurs filiales, ce sont quelques dizaines ou centaines de milliers de familles dans le monde. En France par exemple, quelques grands bourgeois – Arnault, Bettencourt, Bolloré, Dassault, Lagardère, Pinault, Peugeot, etc. – possèdent des fortunes de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Ces grands bourgeois ont le droit d’ouvrir et de fermer leurs entreprises à leur guise. Ils en contrôlent le fonctionnement et la production, décident s’ils doivent produire du lait ou des missiles, des vaccins ou des chars d’assaut. Les capitalistes sont libres – libres d’exploiter des ouvriers et de les jeter à la rue quand cela les arrange, de ruiner des régions entières, de ne pas répondre aux besoins de l’humanité, d’investir dans les secteurs les plus nuisibles, de polluer et de détruire…

Ils disent que le capitalisme, « c’est la liberté ». Oui… mais pour eux, et pour eux seuls. Ils accusent les communistes d’être des ennemis de la liberté. De leur liberté d’entreprendre et d’exploiter ? Oui ! Parce que celle-ci ne s’exerce jamais en fonction des intérêts de l’humanité mais en fonction du seul profit. C’est pourquoi nous pensons qu’il serait tout à fait légitime de restreindre la « liberté d’entreprendre » en retirant aux capitalistes les moyens de nuire.

Dans la mesure de nos possibilités, nous participons à toutes les luttes nécessaires à la défense des conditions de vie des travailleurs. Mais notre objectif ne se limite pas à rendre l’exploitation moins « insupportable », nous voulons y mettre fin ! C’est pourquoi nous militons pour le renversement du capitalisme.

Capitalistes et politiciens à leur service répètent sans fin que c’est impossible. Empêcher les usines de fermer ? « Impossible ! » Empêcher les crises, les délocalisations, la baisse du pouvoir d’achat, l’aggravation de l’exploitation ? « Impossible ! » Empêcher des millions d’hommes, de femmes, d’enfants, de mourir de faim alors que le monde croule sous les richesses ? « Impossible ! », encore !

Eh bien ! puisqu’il est « impossible » que ce système génère autre chose que de la misère, qu’il passe la main ! Les exploités, aux commandes de la société, feront bien mieux. Comme l’écrivait Trotsky : « Si le capitalisme est incapable de satisfaire les revendications qui surgissent des maux qu’il a lui-même engendrés, qu’il périsse ! »

Qui sont les vrais maîtres de la société ?

Le véritable pouvoir n’est pas entre les mains des députés, sénateurs, ou même président de la République. Il est dans les conseils d’administration des grandes entreprises capitalistes et des banques. Leurs actionnaires règnent sur l’économie, qu’ils organisent en fonction de leurs intérêts et de la recherche du profit.

Le pouvoir du grand capital s’incarne dans la domination d’une minorité de grands bourgeois qui monopolisent les richesses. Aujourd’hui, en France, les 20 personnes les plus riches possèdent autant de richesses que 40 % de la population. Ces fortunes ont été obtenues par l’exploitation de millions de travailleurs, ici et dans le reste du monde. Liliane Bettencourt doit sa fortune aux travailleurs de L’Oréal, Bernard Arnault doit la sienne aux petites mains de LVMH. Les membres de la famille Mulliez se sont enrichis sur le dos des 300 000 salariés du groupe Auchan dans le monde et des dizaines de milliers de salariés des autres marques qu’elle possède. Dans ce palmarès, les autres s’appellent Dassault, Peugeot, de Wendel, Michelin, Bolloré, Dentressangle, François Pinault, Bouygues. Ce sont eux les vrais maîtres de la société !

Ces riches bourgeois ont une myriade d’agents qui influencent les élus, quand ils ne les achètent pas purement et simplement. Ils ont leurs entrées dans les ministères et entretiennent des liens étroits avec les hauts fonctionnaires qui, eux, ne sont pas élus, restent dans l’ombre et assurent la permanence de la politique. La voix de ces rois de la finance et de l’industrie pèse dans les médias, qui bien souvent leur appartiennent, leur donnant les moyens d’influencer l’opinion.

Dans ce système prétendument démocratique, les électeurs sont conviés à voter régulièrement mais ils n’ont aucune prise sur les décisions.

Tant que les capitalistes garderont les rênes de l’économie, ils garderont le pouvoir sur nos vies et ils imposeront leur loi. Pour mettre fin à cette dictature, il n’y a qu’une seule solution : leur enlever la propriété des grandes entreprises en les expropriant sans indemnités ni rachat. C’est la condition indispensable pour que l’ensemble de l’activité sociale soit véritablement contrôlée par les travailleurs et la majorité de la population.

Comme le disait Karl Marx, « le gouvernement des hommes cèdera la place à ladministration des choses ».