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March 28, 2019

Une menace pour la culture ?

Le contraste entre le rapide développement de la technologie et de la science, d’une part, et, d’autre part, le retard dans le développement de l’idéologie humaine – ce contraste est flagrant dans le pays le plus riche du monde : les États-Unis. La science y a débouché sur des réalisations technologiques spectaculaires. Or le progrès constant de la technologie est la condition préalable à l’émancipation de l’homme, à l’abolition de la pauvreté, de l’illettrisme et de l’ignorance. C’est la condition de la domination de l’homme sur la nature à travers la planification consciente de l’économie. La voie est ouverte à de nouvelles conquêtes, non seulement sur terre, mais aussi dans l’espace. Et pourtant, dans la première puissance mondiale, dans ce pays à la pointe de la technologie, les superstitions les plus primitives règnent en maîtres.

Darwin est mort il y a plus de 130 ans. Néanmoins, beaucoup d’Américains pensent que chaque mot de la Bible est littéralement juste – et souhaitent que les écoles enseignent le récit de la Genèse sur les origines de l’humanité, en lieu et place de la théorie de l’évolution basée sur la sélection naturelle. Dans une tentative de rendre le créationnisme plus respectable, ses partisans l’ont renommé « dessein intelligent ». Une question surgit immédiatement : qui a conçu le concepteur intelligent de ce dessein ? À cette question très raisonnable, ils n’ont aucune réponse. Ils n’expliquent pas davantage pourquoi leur « concepteur intelligent » a fait un travail aussi bâclé, lorsqu’il a créé le monde.

La dégénérescence du système se manifeste à tous les niveaux : non seulement dans le domaine économique, mais aussi dans les domaines de la morale, de la culture, de l’art, de la musique et de la philosophie. La survie du capitalisme se solde par une destruction massive de forces productives, mais elle sape aussi la culture, alimente la démoralisation et la lumpenisation(« déclassement ») de couches entières de la société, avec des conséquences désastreuses. À un certain stade, l’existence du capitalisme entrera en conflit avec le maintien des droits démocratiques et syndicaux de la classe ouvrière.

Le développement du crime et de la violence, la pornographie, l’égoïsme bourgeois, l’indifférence à la souffrance des autres, le sadisme, la désintégration de la famille, l’effondrement de la morale traditionnelle, la toxicomanie, l’alcoolisme – toutes ces choses qui provoquent l’indignation des réactionnaires ne sont, au fond, que des symptômes de la dégénérescence du capitalisme. Des phénomènes semblables avaient accompagné le déclin de la société esclavagiste, sous l’Empire romain.

Le système capitaliste place le profit au-dessus de toute autre considération, quitte à empoisonner l’air, l’eau et la nourriture. Si nous permettons aux grosses banques et monopoles de régner cinq décennies de plus, par exemple, il est tout à fait possible que la destruction de la planète atteigne un stade où les dégâts irréversibles menaceraient l’existence même de l’humanité. La lutte pour changer de société est donc une question de vie ou de mort.